Omeka

Omeka Classic ou Omeka S ?

Le terme Omeka désigne deux logiciels du type gestionnaire de contenu développés par le “Roy Rosenzweig Center for History and New Media” (RRCHNM). Omeka Classic est publié en libre depuis 2008. Omeka S dans lequel S signifie Semantic est disponible depuis 2016. Ces deux applications web sont dédiées à la mise en ligne de bibliothèques, d’archives numériques, d’expositions, de bases de données relatives à des objets patrimoniaux. Omeka Classic est basé sur le schéma de métadonnées Dublin Core essentiellement. Plus récent et complexe, Omeka S offre la possibilité de gérer simultanément plusieurs sites dans l’optique du web des données : au-delà de Dublin Core, d’autres ontologies peuvent être utilisées.

Les deux logiciels sont disponibles sous licence libre GPL. Organisme à but non lucratif, le RRCHNM dépend de l’Université George Mason (Virginie). Il est également auteur du gestionnaire de références bibliographiques Zotero, de l’outil de transcription Scripto, de la plateforme omeka.net, et à l’origine de plusieurs réalisations liées au patrimoine culturel et social états-unien. Une brève présentation technique est ici complétée par la liste de quelques réalisations francophones.

  1. Organisation humaine et informatique
  2. Omeka Classic ou Omeka S ?
  3. Fonctionnalités
  4. Thèmes et plugins
  5. omeka.net
  6. Documentations officielles
  7. Documentations d’auteurs
  8. Sociétés, entreprises et services
  9. Quelques réalisations francophones

1. Organisation humaine et informatique

La réalisation effective d’un site Omeka nécessite la collaboration entre trois types d’acteurs qui jouent des rôles distincts. 1/ Le chef de projet (maître d’ouvrage) mobilise un groupe de travail dont le but est de rassembler, documenter, numériser un ensemble d’objets du type texte, son, image. Il réunit les financements, assure l’animation de la communauté des utilisateurs. 2/ Le développeur assure généralement la maitrise d’œuvre. Il propose un hébergeur, développe fonctionnalités et graphismes, met en ligne et maintient sur la durée. 3/ L’hébergeur web rend public le site web, assure la configuration des serveurs et plateformes, la sécurité et l’archivage des données, la continuité des services.

Ces acteurs peuvent apprécier Omeka pour différentes raisons. 1/ Le chef de projet regarde essentiellement les sites similaires à celui qu’il souhaite créer. Différentes motivations peuvent le pousser à opter pour Omeka Classic ou Omeka S. 2/ Pour le développeur, ces deux logiciels sont basés sur une architecture MVC (Modèle Vue Contrôleur) implémentée à l’aide du framework PHP Zend. Cette organisation permet de rigoureusement séparer la logique de fonctionnement de l’infographie, si bien que des changements de version du logiciel sont relativement aisés et n’affectent pas le design du site. La fréquence des changements de version est en effet un gage de la pérennité du code source. Les vastes bibliothèques de plugins représentent également un atout majeur. Des fonctionnalités nouvelles peuvent être mises en place à moindre frais. De coûteux efforts de développement se trouvent ainsi mutualisés. Des sociétés de service connaissent bien Omeka et peuvent jouer le rôle de développeur. 3/ L’hébergeur apprécie en Omeka l’environnement très standard LAMP (Linux, Apache, MySQL, PHP) et l’évolution régulière des logiciels, la conformité aux usages de sécurité informatique.

2. Omeka Classic ou Omeka S ?

Omeka Classic est  fréquemment utilisé par les bibliothèques, les archives, les musées ou les organismes de recherche pour donner l’accès à des collections d’objets patrimoniaux décrits par un ou plusieurs fichiers du type texte (PDF, JPEG), image (JPEG, BMP), son (MP3), vidéo (MP4), etc. Des bibliothèques et archives mettent ainsi à disposition du public des livres anciens et des fonds d’archives pour construire des bibliothèques et des archives numériques. Des laboratoires valorisent des bases de données prosopographiques, des collections d’autorités, des bases de données bibliographiques, ou référençant des objets relatifs à l’archéologie, à l’histoire de l »art. Omeka Classic fonctionne par défaut avec le schéma de métadonnées Dublin Core. Mais des plugins rendent possible l’utilisation d’autres schémas comme EAD ou EAC.

Omeka S intègre la possibilité de gérer plusieurs sites et plusieurs types de ressources qui peuvent si nécessaire être mutualisées entre sites. Des exemples de ressources partagées peuvent être une année, une localisation géographique, une autorité (personne, organisme). Des schémas du web sémantique autres que Dublin Core comme par exemple FOAF, Bibo ou BIO rendent possible une description fine des items. Des liens facilitent la navigation entre objets de natures différentes. Des ontologies préexistantes ou créées spécifiquement peuvent être utilisées.

Alors quelle plateforme choisir ? Omeka Classic est conseillé lorsque l’on souhaite la simplicité de navigation et l’interopérabilité, la création aisée et standardisée de collections d’objets et d’expositions numériques, l’interopérabilité via OAI-PMH. Omeka S étend au-delà de Dublin Core les schéma de métadonnées possibles. Plusieurs sites partageant éventuellement les mêmes ressources peuvent être gérés simultanément. Les aspects techniques fondamentaux de l’archivage numérique de même que les schémas doivent être bien maîtrisés. L’export des métadonnées vers un triplestore rend possible une interopérabilité qui nécessite alors une maîtrise du langage SPARQL et la mise au point de flux de données entre la base d’Omeka S et le triplestore. Quoiqu’il en soit, Omeka et Omeka S restent développés et évoluent en parallèle.

3. Fonctionnalités

Au niveau technique, l’installation sous Linux se fait en moins d’une heure. La langue de l’interface peut être aisément paramétrée. Ces deux plateformes LAMP (Linux, Apache, MySql, PHP) génèrent automatiquement les vignettes des images manipulées à l’aide du logiciel ImageMagick. Des documentations et des forums en anglais apportent des aides complètes. Assez actives, des listes de discussion francophone facilitent les échanges. Autre caractéristique depuis 2013 d’Omeka Classic, une puissante API rend possible l’accès aux fonctionnalités d’administration, de recherche et d’affichage des données. Ces mêmes fonctionnalités concenrnent Omeka S. L’interface publique permet de parcourir la liste complète des notices, de filtrer par mot-clé, par collection ou par type de document. Une recherche (simple ou avancée) complète les possibilités de navigation.

L’administration du site, intuitive et fonctionnelle rend possible une gestion collective des données. Un workflow de gestion des données peut être mis en place. Quatre rôles sont prévus de manière standard pour les intervenants : super utilisateur, administrateur, chercheur, utilisateur identifié. Les items sont par défaut en accès privé. N’oubliez pas de cliquer « Public » pour affichage d’un item visible par tous ! Chacun des 15 champs Dublin Core peut être répété autant de fois que nécessaire. Omeka Classic autorise l’ajout de métadonnées spécifiques du type de contenu, parmi lesquels en standard : texte, image, son, vidéo, cours, histoire orale, email, site web, lien hypertexte, événement, autorité. Ainsi, un document relatif à une personne peut contenir un champ non Dublin Core nommé « Date de naissance ».

4. Thèmes et plugins

Des thèmes rendent aisé la personnalisation graphique du site qui doit être identifié par le public en un coup d’œil. Un design et une ergonomie spécifique doivent en effet être travaillés. Des logos peuvent être ajoutés.

Les plugins ou extensions permettent l’ajout en quelques clics de fonctionnalités supplémentaires. Parmi les plugins d’Omeka Classic, on notera Simple Pages – ajout de pages d’information, ExhibitBuilder, OAI-PMH Repository – exposition OAI-PMH des métadonnées Dublin Core du site, CSV Import et Dropbox – importation de métadonnées au format CSV/UTF-8 et de lot de fichiers, Geolocation – ajout d’informations de localisation des items sur un carte Google, Simple Vocab – vocabulaire contrôlé pour certains champs, ExhibitBuilder – construction d’expositions mélangeant des textes explicatifs et des documents d’archive,  Scripto – transcription collaborative de manuscrits et documents audios, TeiDisplay – affichage de documents encodés en TEI, CollectionTree – gestion de sous-collections, Neatline – études historique incluant des cartes et des frises chronologiques, COins – référencement facilité des items dans Zotero, Reports – inventaire du contenu affiché sous forme de notices à imprimer, UniversalViewer et OpenLayersZoom – zoom sur des documents manuscrits numérisés en haute résolution, sur des cartes anciennes ou sur des documents iconographiques, Stats – statistiques de consultation des items.

Les extensions officielles sont référencées sur le site Omeka, d’autres se trouvent en nombre sur github. Certaines extensions d’Omeka Classic nécessitent l’installation d’autres logiciels : Scripto – une extension spécialisée dans la transcription collaborative – nécessite MediaWiki, SolRSearch (moteur de recherche textuel) nécessite l’installation de SolR, TeiDisplay requiert le paquet php5-xsl.

5. omeka.net

Le RRCHNM met également à disposition du public occasionnel ou qui ne souhaite pas gérer une installation et sa maintenance le service omeka.net. Un site Omeka Classic fonctionnel est créé en une dizaine de minutes et il devient possible de se familiariser avec la partie administrative des items et l’interface publique. Le volume gratuit est de 500MB. Plusieurs extensions sont disponibles. Des options payantes permettent d’étendre les possibilités.

6. Documentations officielles

7. Documentation d’auteurs

8. Sociétés, entreprises et services

9. Quelques réalisations francophones

Deux répertoires officiels des sites existent. Un pour Omeka Classic. L’autre pour Omeka S. Vous trouverez ci-joint une liste de la plupart des réalisations francophones réparties par zone géographique française, ainsi que quelques uns des sites hébergés et réalisés par Huma-Num.

9.1 Région parisienne
9.2 Nord
9.3 Nord-Ouest
9.4 Nord-Est
9.5 Centre
9.6 Sud-Ouest
9.7 Sud-Est
9.8 Outre-mer et international francophone ou partiellement francophone
9.9 Avec Huma-Num, CNRS
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